Periodico quindicinale del Centro Studi Nuovo Millennio

sede: Verrés via Circonvallazione 161, tel. 3491012016 - 011.781983 - Direttore: Michele Peyretti - redazione: Piergiuseppe Pogliano, Roberto Chiaramonte - Autorizzazione del Tribunale di Aosta n° 2 del 18 marzo 2008 

Culture : Vie ou mort du français et de la Francophonie dans la mondialisation ?

L’Assessorat de l’éducation et de la culture communique que, dans le cadre de la Saison Culturelle 2011/2012, le professeur Michel Guillou tiendra, le jeudi 17 novembre, à 18h, à la Bibliothèque régionale d’Aoste, une conférence sur le thème Vie ou mort du français et de la Francophonie dans la mondialisation ? Une question ne peut être éludée : la Francophonie a-t-elle un rôle, une utilité dans l’actuelle mondialisation ? Existe-t-il, en ce début de 21ème siècle, une ambition francophone? Il est impossible de répondre sans prendre en compte l’histoire et la géopolitique contemporaine de la Francophonie. Il faut distinguer trois Francophonies. La première Francophonie est née à la fin du 19ème siècle, quand le géographe Onésime Reclus inventa le mot. Essentiellement linguistique, elle se définit comme l’ensemble des populations parlant le français. Elle est indiscutablement liée au fait colonial: la seconde colonisation française est alors à son apogée et la colonisation belge bat son plein. Mais beaucoup des parlants français dans le monde parlent français pour d’autres raisons: la puissance de la France sous Louis XIV, le siècle des Lumières, la Révolution française, tout particulièrement. La deuxième Francophonie, la francophonie senghorienne, est d’une autre nature. Fille de la décolonisation, elle a été proposée dans les années 60 par des hommes politiques du Sud: Senghor, Bourguiba, Diori, Sihanouk, les pères fondateurs, et par le milieu associatif qui en sera le creuset. La troisième Francophonie naît du double mouvement d’élargissement des membres et d’émergence des unions géoculturelles. Le point de départ se situe au Sommet de Beyrouth, en 2002, où le virage est pris. La déclaration de Beyrouth constitue l’acte de naissance de la troisième Francophonie. Avec elle, on passe des communautés post coloniales aux ensembles mondialisés d’échange et de dialogue interculturel. On cesse de regarder dans le rétroviseur pour se consacrer à l’avenir et se placer dans la mondialisation.

Michel Guillou